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jeudi 7 novembre 2013

Faire confiance

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Comment voulez-vous, qu'avec un sourire pareil, on ne croque pas la vie à pleines dents ?

C'est un petit garçon de 7 ans comme les autres.

A quelques détails près : il a appris à lire seul et retient (souvent) ce qu'on lui dit dès la première explication.

Rien d'exceptionnel à mon sens pour un enfant de son âge, curieux et éveillé. Ce n'est sûrement pas le seul dans ce cas.

Sauf que …

… Il a de l'avance sur ses copains d'école et s'ennuie en classe. Lui qui se réjouissait tellement d'apprendre plein de nouvelles choses.

… Ses maîtresses ne lui donnent pas de nouveaux défis quand il a fini son travail. Il a juste le choix entre dessiner et lire. Un cercle vicieux : quand il lit, il part dans un monde imaginaire dans lequel il se sent bien et ne réagit plus aux sollicitations extérieures. Pas bon, surtout en classe.

C'est un petit garçon sensible, qui joue au dur avec ses frères, mais qui regarde encore Franklin et Tchoupi parce qu'il a peur de nombreux autres dessins-animés. Un petit homme qui a facilement les larmes aux yeux si quelque chose le touche et qui perd tout contrôle lorsqu'on doit le gronder (si, si, ça arrive ^__^). Qui ne sait pas se défendre si on le frappe ou on l'agresse verbalement.

C'est mon tout petit, mon bébé, mon aîné. Celui qui ouvre la voie, qui m'apprend à grandir en même temps que lui. A lâcher prise, difficilement, parfois. Celui pour qui je me fais tant de souci parce que tout est nouveau pour lui et pour moi. Celui que à qui j'essaye de donner confiance en lui et en la vie du mieux que je peux.

HP. Le mot est revenu plusieurs fois. Haut potentiel. Notion très à la mode, semble-t-il.

Sauter une classe pour résoudre ses problèmes d'ennui à l'école ? Pourquoi pas ? Sauf qu'il perdrait tous ses repères et que moi, sa maman qui le connais bien, je sais que ça va le déstabiliser. Que certaines situations vont le paralyser complètement. Qu'il y aura tout un programme à rattraper, à la maison, alors qu'il aime tant jouer, encore et encore. Avoir du temps pour lui. Qu'il sera confronté en avance à tout ce qui lui fait peur pour le moment (la séparation, l'agressivité des autres, etc).

Alors, oui, peut-être aussi qu'il arriverait à gérer tout cela comme un chef. Mais sans garantie, c'est moi, la maman qui avoue avoir peur. Lâcher prise ...

Passer des tests psychologiques ? D'abord réticente, j'ai accepté, pour être une fois pour toute fixée. Même si je sais que ce n'est pas une science exacte. Pour avoir peut-être des réponses. Même si, actuellement, je serais prête à mettre ma main à couper qu'il est juste un petit garçon avec quelques facilités, sans être HP. Mais j'ai peut-être aussi des oeillères qui m'empêchent de voir la réalité. Laissons ceux qui savent faire leur travail.

Depuis quelques semaines, je dois, encore plus, essayer de faire confiance aux professionnels, sans négliger mon instinct de maman que je me suis jurée de ne plus jamais laisser de côté par crainte de passer pour une idiote. J'ai fait l'erreur une fois, pas deux.

Je dois surtout continuer à être présente, toujours. A l'écoute. Attentive, en tout temps. Accompagner de mon mieux, un tout petit homme dans ces premières difficultés dans le monde qui l'entoure. Sûrement pas les dernières. Mais de celles qu'on aurait souhaité qu'elles arrivent le plus tard possible.

Aimer totalement pour l'aider à continuer à s'épanouir et vivre une belle vie d'enfant, celle qu'il mérite.

Article sélectionné dans la Une Hellocoton du 7 novembre 2013

23 commentaires:

  1. Ton article est très touchant. J'imagine bien ce que tu peux ressentir en tant que maman. On parle souvent des difficultés face à des enfants qui ont du mal à suivre à l'école, mais j'imagine que dans le sens inverse ce n'est pas non plus simple à gérer. Surtout, comme tu le dis ce paradoxe: il est peut-être plus avancé au niveau de l'apprentissage, mais ça ne l'empêche pas d'avoir 7 ans dans ses loisirs et ses émotions. Fais ce qui te semble le meilleur pour lui, discute en avec lui, il saura te dire ce qui est le plus important à ses yeux et dans quelle situation il se sent le mieux. Bises

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    1. Tu as tout résumé : avancé intellectuellement, mais pas au top émotionnellement … Dans tous les cas, je vais lui faire confiance et aussi me fier à mon instinct. Bises à toi aussi

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  2. je me sens un peu comme toi sauf que mon fils va avoir 2 ans et demi début décembre et qu'il reconnait déjà toutes les couleurs, forme, chiffres et lettres... Et affectivement je pense qu'on a presque le même loulou à la maison... courage

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    1. Oulala, c'est tout petit 2 ans et demi. Courage à toi surtout !

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  3. Très bel article! Je te comprends: j'ai du faire face à la même chose avec mon aîné aussi. A 4 ans (l'âge ou on commence l'école en Angleterre), il savait lire et écrire dans les deux langues. Il était fou d'astronomie et jouait aux échecs. Un vrai nerd. Mais il ne savait pas faire ses lacers, il avait peur de dire bonjour aux adultes, il ne pouvait pas manger tout seul...alors on a dit non merci à tous les spécialistes, à tous les tests, à l'école pour surdoués. Et il suit une scolarité normale, il est épanoui et a plein de copains. Il est au collège, ne se foule pas trop mais a de très bonnes note, et il sait ce qu'il veut faire plus tard.
    Et quand la maîtresse de princesse 2 a commence à me parler de tests, j'ai refusé de suite! Il faut les laisser vivre leur vie d'enfants.

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    1. Il faut toujours faire la part des choses et se faire confiance. Les spécialistes ne sont pas dans notre peau et notre coeur de parents.

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  4. Très joli article ! Je me retrouve dans tes questionnements…
    Lorsque la psy que nous avions consulté face à la tristesse récurrente de notre petit Hérisson nous a parlé de HP et de test, nous avons eu les mêmes questions que toi : Vous êtes sûre ? Et pourquoi faire ? Sa réponse a été très claire : C’est important de savoir. Pour lui. Pour qu’il comprenne pourquoi il se sent en décalage. Pourquoi il n’est pas bien dans ses baskets. Que ce n’est pas sa faute, mais son cerveau qui ne fonctionne pas comme celui des autres enfants. Et puis pour nous, aussi. Pour pouvoir l’aider, être à son écoute, comprendre. Alors nous avons accepté le test. C’était l’année dernière, et le HP a été confirmé. Depuis, on comprend mieux certaines choses. Hérisson, lui, n’a pas bien vécu ce diagnostic : il n’est pas ravi d’être différent…
    Je pense que tu as raison de faire ce test. Vous serez fixés, et pourrez réfléchir à partir de ce point. Peut-être que sans saut de classe, ça pourrait également amener la maîtresse à différencier davantage, sachant cela ? C’est ce que faisait naturellement la maîtresse de CP de Coquillette, qui, comme ton fiston, avait appris seule à lire couramment avant l’école primaire. Elle avait, pour certaines matières, un parcours un peu adapté pour éviter qu’elle ne s’ennuie trop. Le saut de classe avait été envisagé, mais oublié au vu de son caractère et de sa relation forte avec ses copines. Finalement, après une année d’ennui relatif, le CE1 s’est très bien passé car, même si elle comprenait tout très vite, elle découvrait enfin de nouvelles notions. Pour elle, qui est bien dans ses baskets, nous n’avons jamais imaginé la faire tester. Je ne sais donc pas si elle est HP ou pas. Des facilités, oui, c’est sûr.
    Je m’excuse de ce long commentaire qui raconte ma vie ;-). J’espère qu’il va passer, celui-ci !

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    1. Ne t'excuse pas, j'aime bien lire la vie des autres ;-)

      En fait, j'ai accepté le test sans être très convaincue, mais pour être fixée une fois pour toute, car ça fait deux ans qu'on nous le propose.

      Là, maintenant, tout de suite, si tu me le demandes, je suis convaincue que c'est un petit garçon dans la "norme" (bouh, que je n'aime pas ce terme), qui a juste quelques facilités dans une classe où le niveau est plutôt bas.

      Mais je vais peut-être tomber de haut, qui sait ?

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  5. Bonjour, ton article m'interpelle car j'ai moi-même sauté une classe assez tard (j'ai fait le CM1 et le CM2 dans la même année) et de mon point de vue, faire sauter une classe à partir du primaire est déjà trop tard.
    La différence de maturité "sociale" d'une année à l'autre est en effet forte et peut poser des soucis d'intégration. Il ne faut pas négliger non plus la vision des autres enfants qui l'entourent, un enfant qui a sauté une classe ou simplement brillant est vite catalogué "intello" par les autres par exemple, et ce genre de réputation peut traîner longtemps.
    Or ce n'est pas d'avoir des bonnes notes (ce sera tout le temps le cas pour ton fils je pense) ou trouver les cours intéressants et stimultants (il y a d'autre sources d'intérêt quand même) qui rendent un enfant heureux selon moi, c'est plutôt d'être épanoui "socialement" et de se sentir intégré.

    Donc certes, ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort (ça a notamment été mon cas, j'ai un caractère plutôt affirmé maintenant ;) ), mais sauter une classe est un événement "social" encore plus impactant qu'il n'y paraît dans la vie d'un enfant, et donc à bien mesurer et anticiper...
    Clara

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    1. Merci pour ton commentaire.

      Je partage entièrement ton avis. J'ai été une petite fille un peu "chahutée" par ses camarades et c'est peut-être ce que je redoute le plus pour la scolarité de mes enfants …

      C'est pour cette raison que j'essaye de leur donner le plus possible confiance en eux et que je reste à l'écoute, même des petits détails qui peuvent paraître insignifiants au premier abord.

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  6. Comme je te comprend... D'autant qu'il est difficile aujourd'hui de gérer ça en tant que parent, tellement tout le monde veut un enfant "précoce" ou "surdoué" sans pour autant s'imaginer quelle plaie c'est, tant pour les enfants que pour toute la famille. Je sais de quoi je parle. Courage, mais si je peux me permettre un conseil, les professionnels ont des avis, tu as les tiens, ils sont tous valables alors écoute ce qu'on te dit, tout ce qu'on te dit, mais ne crois que ce que ton cœur te dicte. Et encore une fois : courage !

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    1. C'est aussi mon impression, raison pour laquelle je parle de "mode" dans mon billet.

      Et rassure-toi, je vais l'écouter mon instinct de maman. J'ai fait l'erreur une fois de ne pas lui faire confiance, et bien, ça m'a servi de leçon. On apprend de ses erreurs, dit-on ;-)

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  7. Je peux te faire partager mon experience dans ce domaine: mon aînée savait lire à 3 ans et la maitresse a proposé de sauter une classe (après des tests psy scolaires) donc pas de grande section de maternelle et direct CP. Très bien passé au niveau scolaire et affectif pas de soucis car elle était en avance intellectuellement ET affectivement. Sauf qu'on habitait un petit village et les autres parents via leurs enfants nous ont fait vivre l'enfer, obligée de changer d'école. Psy dans le privé 2 ou 3 fois car le cap a été dur et puis ensuite scolarité parfaite, jamais redoublé, aucun soucis, bac avec mentions, brillantes études, fille épanouie tout va bien. Son frère de 2 ans plus jeune même chose sauf que lui ne faisait rien en classe tellement il s'ennuyait! Tests psy scolaire ++ et test avec la psy du privé car j'étais devenue méfiante mais confirmation de sa précocité. Par contre niveau affectif juste son âge voir un peu moins. Beaucoup plus difficile à gérer! Il a quand même sauté une classe car sinon il faisait vivre l'enfer à ses maitresse, j'ai passée toute sa scolarité à me battre avec lui pour lui maintenir la tête hors de l'eau car il ne faisait rien de rien et a fini par redoubler sa seconde pour aller en S et avoir son bac avec mention. Il n'a pas voulu faire d'études car le système scolaire le rebute complètement. Il a donc passé un concours de gendarme ( c'était son souhait depuis plusieurs années) et il est sorti major de promo, il vient de passer un autre concours pour être sous-officier et vient d'avoir la 1ère partie. Il aurait pû faire la même chose en rentrant par "la grande porte" mais j'ai respecté son choix et je suis sure qu'il réussira aussi bien. En tous cas il est merveilleusement épanoui! En conclusion: parfois ça se passe très bien le saut de classe, parfois non et c'est difficile en tant que parent de faire le bon choix! Si ton petit est bien dans sa peau et dans sa classe pourquoi ne pas le laisser "tranquille". Je n'ai accepté les sauts de classe uniquement parce que je sentais mes enfants mal avec l'école. Quand la maîtresse du 3ème a commencé à me parler de tests pour lui aussi là j'ai dit non, il était bien dans ses baskets, content d'aller à l'école alors pourquoi chercher autre chose? Il est aujourd'hui en seconde et je ne regrette pas ma décision. Bon courage ( car les enfants précoces c'est pas rose tous les jours!) et je suis sûre que la solution viendra d'elle même.
    ( perso j'ai sauté le CM1 et j'en garde un souvenir mitigé: bien pour les études, bof pour la vie sociale)

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  8. Rhalala, le qu'en dira-t-on, quelle plaie :-(

    Je suis du même avis que toi. Si un enfant est à l'aise avec ses camarades et que ça ne se passe pas trop mal en classe, je ne suis pas pour le parachuter ailleurs au risque qu'il perde pied.

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  9. Je suis marraine d'un grand loulou de 8 ans hypersensible et intellectuellement précoce. Quels parcours pour ces enfants, et ce "don" devient parfois lourd à porter. J'ai suivi quelques conférences sur le sujet toutes orchestrées par la section afep de mon département. Je te conseille en tant que marraine d'eip et en tant qu'enseignante spécialisée cette asso. je t'embrasse http://www.afep.asso.fr/

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    1. Bienvenue chez moi ;-)

      Je ne suis pas en France, mais je sais qu'il existe une association similaire chez moi que je ne manquerais pas de contacter si …

      Mais je suis tellement persuadée que ce n'est pas le cas. Je peux me tromper, aussi.

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  10. Bonsoir, ton article me touche, me parle et me serre le coeur... Je retrouve beaucoup de mon garçon et il m'est difficile de prendre du recul, bon courage, tiens nous au courant sur ce beau bonhomme édenté !

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    1. Je n'y manquerai pas !

      Il a le plus beau des sourires ces derniers temps ;-) Et il n'y a pas que le sourire qui est magnifique (dit la maman très modeste …)

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  11. Bonjour,
    je te remercie pour ce témoignage ; je suis maman d'un grand garçon (un ado... disons le) qui a toujours eu des facilités pour l'école. Il apprend très vite et a une mémoire d'éléphant.
    Toujours très bon élève et intégré dans sa classe. Il a passé son primaire sans difficulté, a eu les félicitations à tous ses trimestres au collège (de la 6ème à la 3ème).
    Bien sur il a été testé avec un QI bien supérieur à la moyenne,... il a été testé au WISC IV .Et alors ....Et après ..... je le sais maintenant mais je n'ai jamais voulu lui faire sauter une classe.
    Il ne s'ennuyait pas en classe car il trouvait un intérêt à tout, et faisait des exercices en plus. Il manquait un peu de maturité, d'habileté et toute l'attention donnée en classe le fatiguait .. ses facilités lui ont permis de ne pas trop travailler à la maison et de jouer.
    Aujourd'hui il est en seconde ... il a commencé son année brillament et en profite pour approfondir ses nouvelles matières et aider les copains.
    Le plus dommageable, c'est que le système éducatif français ne soit pas plus souple et ne s'adapte pas aux particularités de nos enfants (HP, dys, ...) ; il n'exploite pas les capacités des uns et des autres et se contente de les cataloguer...
    Pour ma part, l'intérêt de l'enfant prime avant tout .... le potentiel ne fait pas tout, il faut écouter l'enfant et le voir dans sa globalité....
    Sauter une classe peut être un atout mais ne doit pas être systématique. Laissons leur le temps de grandir.... courage avec ton bonhomme, prend conseil et surtout écoute ton coeur..... à bientôt

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  12. Dommage que sa maîtresse ne lui donne pas autre chose à faire ...
    Les maîtresses de T-Biscuit ont toujours donné d'autres exercices plus compliqués à ceux qui finissent vite. En CE1, ils faisaient des problèmes de CM1 quand il s'ennuyait.

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  13. Je pense que tu as raison de privilégier tes sentiments à ceux des spécialistes. Entendons-nous bien, c'est important de demander des avis et des conseils mais au final je crois que ce sont les mamans (et les papas) qui savent et qui connaissent le mieux leurs enfants (forcément tu me diras). Sauter une classe reste quand même une grosse décision. En tout cas j'espère que tu nous tiendras au courant et bravo pour ta sélection en une, c'est mérité, ton récit est très touchant. Bises.

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  14. Très touchant ce post, je ressens ton instinct de maman qui veille à protéger ton petit malgré les avis des spécialistes. Tu as bien raison! Je te souhaite pleins de courage pour les décisions à prendre et de gros bisous!
    Maman Prout: http://mamanproutouestu.canalblog.com/

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